Africa : changement de décor

Par une nuit sans lune on s’immisce dans la grande baie de Dakar entre pirogues, bouées et cargos sur coffre , l’arrivée se fait au pas jusqu’à trouver Ghibli devant le CLub de Voile de Dakar qui sera notre escale pour les 3 prochaines semaines.

Ah Dakar! Les couleurs les sourires la pollution la circulation et l’extrême saleté de la baie de Hann… ses marchés ses tissus multicolores ses artisans ses pêcheurs ses taxis jaunes déglingués.

Les belles gazelles, les commerçants racoleurs, et vendeurs de rue… le port élégant et fier des femmes drapées de waks avec leurs charges sur la tête ou leur bébé dans le dos , tant de choses défilent sous nos yeux qu’il faudrait plus d’une vie pour appréhender l’esprit du lieu et en comprendre les codes.

Et puis la petite institution du CVD avec Sophie la couturière Diego le voilier Robert le réparateur d’annexe la lingère Marie la cuisinière et tous les aides de camps qui font de ce petit monde notre repère où résoudre tous nos problèmes de voileux en escale.

C’est souvent rude la pauvreté la chaleur et l’humidité chargées d’une histoire coloniale omniprésente mais cette escale nous dépayse une fois pour toute et nous y trouvons une foule de personnages attachants.

Proche de Dakar l’île de Gorée témoin de l’histoire des esclaves,  petit havre de tranquillité nous a séduite. Nous y essuierons un bel orage au côté de Ghibli catamaran impassible dans la houle formée par 40 noeuds de vent avant de mettre le cap au sud.

Marie-Françoise et Jacques nous rejoignent pour une excursion sur la rivière du Sine Saloum. Retrouvailles émouvantes et improbables au soleil couchant à la point d’une langue de sable univers des pêcheurs de haute mer : nous sommes à Djiffer, autant dire le bout du monde…

Ghibli et Yara côte à côte entament une remontée du Saloum pleine de péripéties. 3 jours d’escales au milieu de la mangrove des casiers à crevettes et des villages en bord de rive.

Peu après notre arrivée tous les garçons sautent à l’eau au mépris le plus total de la faune environnante malgré la chaleur accablante nous n’osons pas les imiter.

Un petit ensablement plus loin, nous voici à Foundiougne pour une découverte des environs : baobab, salines, charrette à cheval et balade en pirogue. Moments inoubliables au contact d’une chaleureuse population.

Pour retrouver Dakar nous jouerons au gymkhana entre une multitude de casiers et filets de toute taille accompagnés par des vols de pélicans maladroits. Navigation de nuit interdite. Nous mouillerons le long d’une côte sans fonds et sans abris. Le capitaine n’aime pas trop ça.

Réveil au son du tonnerre pour un retour en surf jusqu’au CVD.

Pour mettre fin à cette escale africaine, l’air régénérant du large nous appelle ainsi que la promesse d’un bel horizon. Cette fois Calou et Philippe sont de la partie. La barque est penchée les voiles bien gonflées l’activité réduite.

En avant toute au Capo Verde.

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