Yara à la recherche du Gulf Stream

Nous quittons la baie de Cross Bay « West of West End  » de Bahama grande et mettons le cap chez les américains à 3 ou 4 jours de là.

Notre équipage pas très en forme après un vin avec un peu trop sulfité mais météo oblige Pierre-Jean nous dit « ne traînez pas !. Il est préférable de choisir une météo clémente en approche du cap Hateras « qui vaut presque le cap Horn en ce qui concerne le nombre de naufrages » même si Yara relâchera à Beaufort City et passera ce cap par l’intérieur en empruntant les fameux ICW (intercostal waterway) bien sûr si son titrant d’air lui autorise, une nouvelle donnée pour passer les ponts. De toute façon hors de question de franchir ce cap par vent fort .

Voulant profiter au mieux du Gulf Stream, nous nous dotons des dernières prévisions météo et des cartes des courants pour adapter notre route. Cette route prendra la forme d’une courbe qui épousera les côtes américaines au dépend d’un cap direct.

La route ainsi est rallongée de plus de 100 milles mais le courant attendu effacera ce détour.

Sans jouer ni plagier Erik Orsenna ( à lire Portrait du Gulf Stream) le Gulf Stream est ce fameux courant qui circule dans la partie nord de notre océan Atlantique. Sa force est plus forte le long de côte est de l’Amérique de la Floride au Cap Hateras (Caroline du nord) traverse l’Atlantique en passant par Terre Neuve puis la Bretagne continue son chemin au sud, retraverse l’Atlantique jusque dans le golf du Mexique et repart pour un tour en empruntant le détroit entre Cuba et la Floride.

Imaginez un tube où à l’intérieur passe le Gulf Stream dans un sens et à l’extérieur un contre flux : le Labrador courant glacé venu des banquises du Groenland. Dans notre montée il est préférable de ne pas le rencontrer ce dernier.

Dès la première nuit nous commençons à sentir sa force, avec une légère brise Yara affiche une petite vitesse de surface de 4 noeuds ( au loch) et une grande vitesse de fond 7 à 8 noeuds (vitesse affichée au GPS): euphorisant cette sensation!

Pendant plus de 48 heures ce courant va nous accompagner les 2 tiers du parcours. Dans le dernier tiers, il s’éloigne progressivement plus au large alors que nous nous rapprochons de la côte américaine avec un vent favorable de plus en plus soutenu.

On approche pas le fameux Cap Hateras impunément…la mer grossie ,les vagues déferlent, le vent forci, le chenal se fait de plus en plus étroit bordés de sournois bancs de sable,la nuit tombe et c’est aveuglés par les projecteurs d’une dragueuse, évitée d’extrême justesse, que nous ferons une entrée fracassante aux States d’ Amérique .

Nos futures aventures seront d’eau douce, à l’intérieur des terres ,le long des canaux : cet incroyable réseau  » l’intercostal waterway ».

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