De Beaufort à Puerto Rico

lundi 25 novembre : 150 milles tout au moteur

Au matin nous quittons la marina de Beaufort qui nous a abrité lors du passage d’une nouvelle dépression la 4ème depuis notre retour sur le sol américain.

Nous en avons profité pour préparer le bateau, faire les pleins, charger les fichiers météo pour une navigation hauturière 1500 milles à parcourir pour rejoindre les Caraïbes.Un dernier « au revoir » rempli d’émotions à nos amis Anne et Pierre avec qui nous avons navigué de concert à la découverte de la côte est des USA et Corinne et Daniel rencontres dernièrement à Deltaville canadiens d’adoption.

Heureux de quitter enfin les canaux intérieurs pour retrouver le large.Nous prenons la mer, cap sur Charleston 200 milles à parcourir avant de prendre un cap plus à l’est pour rejoindre les Caraïbes. Le Gulf Stream sera à traverser. Une nouvelle dépression est prévue en fin de semaine.Nous retrouvons l’air de l’océan , son horizon à l’infini et une eau bleue translucide dans laquelle quelques ailerons de dauphins coupent le sillage de Yara.

Le manque de vent nous contraint à naviguer au moteur les prévisions météos nous avait prévenus. Le pilote automatique enclenché nous laisse le loisir de retrouver nos marques en mode croisière.Nous profitons d’une belle journée ensoleillée avec des températures beaucoup plus agréables que ces derniers jours.

A minuit il reste 100 milles à parcourir pour atteindre Charleston.Un stop pour refaire du gasoil et recharger des fichiers météos.

Mardi 26 novembre 150 milles tout au moteur

Nuit étoilée, journée ensoleillée, température encore fraiche , nous gardons nos couches de vêtement. Encore une navigation tout au moteur sur une mer lisse.

C’est décidé nous faisons un stop à Charleston que nous atteignons à 17h juste à la tombée de la nuit pour refaire le plein de gasoil et un point météo.

Les prévisions météos sont acceptables pas idéales en marchant à 6 nœuds nous devrions éviter la nouvelle dépression prévue en fin de semaine.Le courant est avec nous pour entrer plus de 2 nœuds.Nous attendons 20 h pour rependre le large après une petite sieste le temps que le courant s’inverse. Encore du moteur pour la nuit!

Mercredi 27 novembre : 165 milles

Dés 4 heure du matin nous atteignons le Gulf Stream, la température de l’eau passe subitement de 14 à 24 degrés puis 27 degrés. La température de l’air s’éleveit s’éleve à plus de 20 degrés incroyable ! La mer s’agite nous sommes rapidement dans un shaker le courant s’additionne à notre vitesse mais nous entraîne sur une route plus au nord.Le vent de sud ouest arrive nous coupons le moteur . Vers 17 h nous retrouvons une mer moins chaotique c’est la fin du gulf stream. Grand voile arisėe, des tours dans le génois, nous filons à plus de 6 noeuds au travers bon plein, sur une mer qui se creuse.

Jeudi 28 novembre : 148 milles

Les vents s’orientent plein nord c’est une dépressions qui s’installent au nord de notre navigation. Yara est balancé enre la houle et les vagues.La première douche à l’eau de mer. Nous sommes vraiment passés de hiver à l’été.Réparation de la GV à l’aide de la toile adhésive, une bonne révision s’imposera à la Guadeloupe dans l’atelier de Tony.Le vent reste modéré la journée et se renforce dans la soirée rapidement nous arisons la GV et diminuons le génois. Toute la nuit Yara surfe bon train dans une mer chahutée. Difficile de se caler pour dormir. La fatigue commence à se faire sentir.

Vendredi 29 novembre : 170 milles

La mer est toujours aussi croisée entre la houle et les vagues du vent.Yara surfe par moment à plus de 10 nœuds, 170 milles parcourus.Le bruit et les mouvements mettent l’équipage, ma Vėro et moi à rude épreuve.Nos activités se limitent à la lecture , à la bonne avancée du bateau et aux points météos. Merci le téléphone satellite qui nous permet de recevoir des mails.

Nous devrions arriver sur Acklins dimanche dans la matinée.

Samedi 30 novembre : 145 milles

6ème jour de mer et fin de la saison cyclonique. En approchant des Antilles nous changeons progressivement de régime de vent. Nous allons retrouver les alizés d’est ce qui ne nous facilite pas la navigation pour rejoindre l’arc antillais.

Après une nuit encore bien ballottée, le vent molli ainsi que les vagues par contre la houle venant du nord prend de l’ampleur en ce debut de matinée.

Vers 19 heures nous passons à quelques milles de San Salvador, l’île où Christophe Collomb est arrivé la toute première fois (pour le malheur de l’humanité) décidons de poursuivre notre route plus à l’est, la mort dans l’âme nous réalisons qu’il sera impossible de rentrer dans notre chère baie d’Attwod, la grosse houle du nord nous en interdit l’entrée. Que nenni une belle plage de Crooked Island au pied du phare nous attend pour un repos bien mérité.

Dimanche 1er décembre : 88 milles

Après une nuit au travers du vent encore bien ballottée et une veille plus active, 7h30 arrivée sur Crooked Island l’ancre tombe dans une eau turquoise devant la belle plage de Landrail Point. C’est spendide et pleins d’émotions, nous avions passés 2 nuits en avril dernier en compagnie de Val et Jeff.

Bains, lecture, café au calme quelle bonheur! Et déjà nous étudions la suite du voyage pour atteindre Porto Rico.

Une escale bien méritée, profitant pleinement de cet endroit « seul au monde ». presque il y a « chez Gibson » l’étape incontournable du coin. puis remplirons 3 bidons de gasoil à la « grocery » comme diraient les canadiens chez le dépanneur .

Lundi 2 décembre : 88 milles

Après une promenade sur la plage, il reste encore quelques coquillages que Val n’avait pas mis dans sa valise, nous levons l’ancre pour gagner dans l’est objectif Porto Rico, 500 milles à parcourrir 4 jours de navigation prévues. La météo nous annonce 2 jours de vent portant.

Nous choisissons une route nord nous laisserons Acklins, Mayaguana, les Turks et Caicos sur notre tribord avant de prendre le cap sur la cote ouest de Porto Rico la baie de Puerto Real.

Mardi 3 décembre :130 milles

Une nuit au ralenti, ciel bien étoilé, Orion droit devant nous guide dans l’est, un quart de lune bien timide, Yara se balance au rythme des vagues le long des côtes de Mayagana.

Il y a longtemps une petit dorade coriphenne se prend dans la ligne, juste pour notre repas de midi. Du poisson frais quelle joie! S’ensuit un barracuda aux dents acérées ( ton préféré Val!) ce qui est loin d’être génial pour récupérer l’hameçon.

Encore des questions, nous arretons-nous dans les Turcs et Caicos sur une île deserte? Dilemme devant une météo dont le vent est faible et contraire.

Nous avons encore jusqu’à la fin de la journée pour nous décider.

Mercredi 4 décembre :130 milles

Moteur depuis la veille 20h vent et courant contraire faible sur une mer belle avec une belle amplitude de la houle.

La progression est moins rapide que prévue. Encore un peu moins de 200 milles pour Porto.

Toujours aucun voilier en vue depuis notre départ des côtes US juste quelques cargos ou paquebots qui croisent notre route.

Jeudi 5 décembre : 126 milles

En ce debut de nuit, le vent s’établit à 10 noeuds à 50 degrés, nous arrêtons le moteur, déroulons le genois . La nuit est étoilée mais des foyers orageux tout autour de nous. Du près serré pour gagner à l’est, difficile de trouver une place bien calée pour dormir avec cette gîte.

Nous alternons moteur voile toute la journée. Il reste plus que 60 milles pour Porto Rico partie ouest.

Vendredi 6 décembre : 73 milles

Vers minuit le vent s’oriente à l’est, nous touchons les fameux alizés, bien nous en prit d’avoir fait une route à l’est jusqu’à la longitude de Porto Rico, nous filons au travers du vent jusqu’à Puerto Real. Vers 13h nous laissons glisser l’ancre dans cette petite baie, baignée par une musique cubaine, nous avons le sentiment que le monde s’est arrêté là.

En 10 jours et quelques heures nous avons parcouru un peu moins de 1500 milles depuis les côtes américaines.

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