Naviguer enfin.

Le mot qui exprime le mieux notre sentiment à l’heure du départ de Curacao est : sérénité.

En effet tout fonctionne sur le bateau. L’équipage a envie d’en découdre, il est fin prêt.

Le moteur démarre au quart de tour, les diverses pompes aussi. L’annexe gonflée sur le pont. Gary notre ami Australien est sur le quai pour proposer son aide et nous envoyer un dernier » take care ».

Dès notre belle grand voile hissée, Pierre Jean, notre pilote préféré reprend du service sans broncher. Brave petit !

Le mouillage de Santa Cruz sera l’occasion de tester Bernard, le  » watermaker » (dessalinisateur) qui fonctionne illico. Bon gars!

Tout est en ordre à l’intérieur, les premiers repas sont prêts, on peut y aller.

Il y a bien comme un malin doute qui s’insinuerait dans nos têtes du genre; trop beau pour durer.

Au troisième jour nous avons parcouru 400 miles soit la moitié du chemin sur une même amure . Au changement de bord les tiroirs à couvert ne sont plus d’accord ! Ils décident de faire un valdingue dans notre habitacle et c’est tout l’attirail qui se retrouve dans le carré. L’occasion de faire le tri et un grand ménage, ce qui dans ces conditions de navigation n’arrange pas nos estomacs ! À part ce léger incident tout va très bien Mme la Marquise, et notre sérénité n’ est même pas entamée. Le bord s’adapte très bien à l’absence de surprises.

Malgré une mer chaotique en guise de bienvenue, notre Yara avec l’aide de tous ses acolytes fait bien son office.

Arrive le tour de la barre fantôme.

Denis, voulant éviter un des rares cargos croisant notre route, prend la barre et se retrouve alors avec du vide entre les mains. Diagnostic: une clavette s’est fait la malle, il y n’y a qu’un boulon à resserrer. Ouf ! Vive la seconde barre tout de même.

C’est au cours de cette journée particulière que les wc se retrouvent fermés de l’interieur. Mystère toujours pas élucidé à ce jour.

Petits inconvénients mineurs me direz vous qui font que nous nous sentons davantage dans la normalité.

Le lendemain la houle est montée d’un cran. De belles déferlantes entourent le bateau, le spectacle est magnifique.

Vient alors l’épisode de l’omelette aux oeufs! Voir aux oeufs brouillés (façon Pierre Gros) avec patates, oignons et grouuuyère .

Le temps de saisir une bouteille derrière soi et vlan le bol prend son envol et le carré une belle couleur jaune. Ça pue l’oeuf et ça glue! Nos estomacs n’aiment toujours pas. Qu’à cela ne tienne, vas y pour une deuxième omelette!

C’est alors que, la vague célérate qui attendait son tour tapie au fond de l’océan, fait surface et vient toquer sur la coque de Yara où, pour se remettre de l’intense odeur d’oeufs , les hublots ont été ouverts.

100 litres d’eau de mer font irruption dans la cuisine, sautant miraculeusement par dessus la gamelle, épargnant notre repas. Et nous voilà derechef à quatre pattes pour éponger tandis qu’à l’extérieur les montagnes russes sont toujours d’actualité. On ne parle pas alors de notre forme stomacale!

Enfin à l’air libre, nous parvenons à déguster la plus délicieuse des omelettes aux œufs.

Dernier épisode de cette traversée reliant Curaçao à Panama sera l’avance que l’on a prise, aidés par un fort courant et qui nous fait donc arriver tombée de la nuit plutôt que petit matin.

Ici pas de phare , bouées chenal ou autres signalisations. Rien qu’une côte sauvage bordée de recifs acérés où déferlent toutes les vagues de l’Atlantique.

Dilemme. Ralentir, accélérer, tenter un passage ?

Que va choisir Yara ?

Finalement sans prétendre à l’intensité  » du vent des globes” ( trop jolie formule, je la garde Gilles. O) on ne s’ennuie pas à bord de Yara !

Salut et Fraternités

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