de Porto Rico à Deshaie en Guadeloupe

Porto Real

Bel abri à l’ouest de Porto Rico où l équipage récupère..visite tout près de la belle forêt primaire ou ce qu’il en reste . A côté de cette merveille l’île est envahie par le consumérisme américain à la mode latino ( kitch garanti).

Frida est à la bodeguita de Porto Real

On se décide à quitter la baie pour entamer la remontée de la côte sud contre les alizés qui donnent leur premiers signes de vie… quelques 20 milles plus tard Yara cherche un abri .

Mer chaotique et vent fort, pas question de faire de la voile .

Cahin caha nous parcourrons les 150 miles avec peine et dans l’idée de laisser le bateau au port et partir visiter l’île et San Juan sa capitale.

Sur notre route il y aura Phyléas, belle rencontre d’une famille en voyage pour 10 mois sur leur quata, qui nous fera découvrir le site « Polarstep »sur lequel on ne lasse pas de suivre leur aventure.

Petit moment suspendu lorsque le copain Albin venu nous rejoindre n’est pas là à sa descente d’avion. Sans moyens de le joindre, ni nouvelles depuis son départ…soyons sereins. Nous le retrouvons au vol suivant et nous voilà, tous les trois, partis à l ‘assaut de la vieille ville.

Parmi les souvenirs mémorables ; notre RBnB très atypique et sans fenêtres, Moustaki à cappella dans une pâtisserie avec une Porto Ricaine sortie tout droit d’une comédie musicale, des bouchons dignes du périph parisien… et une très belle vieille ville au charme suranné et coloré.

Le challenge du moment être en Guadeloupe pour attraper le vol d’Albin du 29 Décembre à Pointe à Pître …une grosse semaine contre les alizés pour 470 milles à parcourir.

Les deux premiers jours de près sont idylliques le long de la jolie île de Culebra et Saint John . Puis vient le moment où notre vieille GV nous lâche lâchement et tombe sur le pont sans sommation.

Le problème étant qu’il s’agit déjà d’une voile de remplacement, l’autre est remisée dans son sac depuis notre dernière escale, fusée de toutes parts…Quelques réparations de fortune et une inondation de cabine avant plus tard ,nous voilà en route pour Saint Martin .

.Réveillon de Noël oblige on se fera un mega plat de pâtes al dente en mer. Et le jour de Noël un thon tout frais péché à la saveur inoubliable viendra agrémenter l’assiette .

Il en faut pas plus aux trois marins pour être heureux !

Trace directe et arrivée sur le plus beau des couchers de soleil en temps et en heure pour que notre vaillant équipier, aidé par de chaleureux Guadeloupéens, se retrouve pile poil à l’heure sur le tarmac !

Ce que c’est d’être une fille, parfois !

Petit matin du 18 Novembre 2019. Coinjock. Etat de Virginie. USA

Il faut y aller ! Quitter ce cloaque de canaux gris, froids et humides.. avancer , faire 45 milles aujourd’hui pour progresser en direction de l’ océan .

Lever 6h30. Départ 7h30. Brrr… 10 ° tout juste .

Ça décolle .

Au bout d’ une heure le thé commence à faire son effet bien sûr.

Pour celles qui seraient du genre : « Je vois la porte des toilettes ; j’ai envie  » ou pour qui la présence de toute cette eau glacée ,c’est tout simplement trop, une bonne anticipation est de mise !

A cette époque de l’année au niveau habillement, ça donne ceci :

  • un collant
  • un sous vêtement technique
  • un pantalon
  • une ceinture de renfort lombaire (l’équipage féminin de Yara déplore un petit lumbago ) scrash, scrach
  • une polaire
  • une deuxième polaire
  • un pantalon de ciré, scrash, scrach et fermetures éclair zzz, zzz
  • la veste quart, fermeture éclair zzz, zzz et scrach
  • deux paires de gants, scrash, scrach.
  • le bonnet, les deux paires de chaussettes, les bottes que pour l’occasion on est pas obligé d’enlever !

Total de l’opération: dix minutes chrono !( ce qui peut être très long, fonction des conditions du moment ).

Ça occupe, ça réchauffe, ça barbe !!

J’irai pas jusqu’à dire :  » vive les braguettes « , qui pourtant dans cette situation présentent un avantage certain. Bien que, pour ces messieurs, les mêmes causes auront les mêmes effets. Aussi, la précipitation et  » l’engonçage » créeront bel et bien un sérieux risque de coincement (aie!) !!

C’ était la petite humeur d’un jour frileux.

MAIS C’EST QUAND QU’ON MANGE L’ ALLIGOT ??

C’est du Vécu …

Au petit matin du 13 Novembre 2019

  • Denis, il pleut .
  • Comment ça ?
  • Dans la cabine !..

( on déplore une légère condensation qui prend un malin plaisir à s’écraser sur le bout de nos nez ! )

  • Et puis que sont toutes ces paillettes argentées partout sur le pont ? ( je te le demande ?)
  • Ben fait – 4°…ça givre !
  • Ah ouais quand même !! Donc c’est normal que la » rivière des terres du Nord  » fume !!
  • ça va pas durer ..on va dans le Sud .
  • Ok, mais pour le  » Miam  » du matin c’ est raté, c’est pas cette nuit que les poires ont mûri .
  • Non on dirait plutôt un dessert glacé ! Bon j’arrête le four .
  • T’as peur qu’on ait trop chaud ?
  • Rapport au gaz ma chérie, on en a pas des kilos !
  • Va falloir quand même trouver un chauffage, la glace à l’intérieur sur les hublots ça va 5mn !!
  • Oui, oui ma chérie…

En route pour le Sud et la chaleur donc.

Tout l’attirail y passe: gants , bonnets, collants, sous couches et triples couches, bouillottes ,bottes et cirés !

Ces moments de vie se déroulent après une descente de la baie de Chasepeake sans encombre, de Baltimore à Norfolk, où un premier coup de vent nous cueille.

Dans l’avant port Yara et Le Mulon sont trop près de la jeté ! On remouille ! Bonne pioche! Denis a pêché tout un tas de trucs en remontant l’ancre (cadre rouillé cordages et bouts de ficelle ..) avec en prime les mains gelées et la veste de quart ruinée par la boue de ces fonds pas très clairs .

24 heures à se faire ventiler par un vent du Nord plutôt frisquet et nous voilà empruntant à nouveau l’Intercostal avec ses ponts à bascule, ses ponts de chemin de fer ouvrants ou levants et autres écluses qui jalonnent la route.

Tradition oblige ici les ouvrages en métal du siècle dernier abondent pas.

( rendez vous à la lecture de « Ciel d’acier » roman sur les générations d’Indiens « Ironworkers » qui ont bâti l’Amérique .)

Depuis on les imagine sur chaque poutre de chaque ouvrage sous lequel on passe . Et il y en a !! Respect à ces hommes de l’acier.

Un rayon de soleil timide nous accompagne, histoire de ramener la température autour des 10 degrés. Nous finirons cette journée à Coinjock accueilli par Corinne et Daniel; équipage de voileux Canadien rencontrés plus haut dans la baie, et attendre un 2eme coup de vent qui va nous bloquer ici quelques jours .

Comme dirait une fille que je connais bien :  » Aventure ou Galère  » ?

Les deux mon Capitaine !

Bref le Sud ça se mérite !

PS : les photos ne tiennent pas compte de la météo du moment !

Vous avez rêvé New-York, … NYC sur Hudson…

Arrivés dans la baie de New-York de concert avec nos amis Anne et Pierre sur « Le Mulon » il nous tout d’abord trouver une place. La toute première derrière la statue de la Liberté nous offre une vue imprenable sur Manhattan et un calme inespéré. Doutant de la possibilité de squater dame « Liberty », nous tentons une bouée sur l’Hudson River au niveau de la 79ème. Expérience peu concluante, le courant et les orages vont nous déloger bien vite. Retour à la case départ où nous établirons notre campement pour 10 jours.

New-York c’est le moment émotion de notre voyage. Là, où les 3 petits Cuicuis et le cousin complice débarquent, sous les yeux abassourdis de leurs parents, créant une totale surprise .C’est parti pour Dix jours intenses !

New-York, ce fut aussi le méga feu d’artifice du 4 juillet anniversaire de qui vous savez. Vu de notre camp de base, qui s’avèrera un emplacement unique pour savourer ce « fireworks ».

Nos déambulations à travers la ville se font à pied principalement et aussi en métro ,en vélo en bus à ciel ouvert, en uber ou en taxi ; tout y passe ! Sans parler de nos débarquements quotidiens dans une annexe qui rend l’âme, malmenés par les remous des ferrys et bateaux de toute sorte se croisant dans l’immense baie de la pomme . Sensations garanties !! Avec en prime des abordages hasardeux à l’abri des regards curieux : discrétion des Cuicui assurée !!

Central Park, Brooklin et son interminable pont, les quartiers tranquilles et Harlem , le World trade one , les avenues illuminées où les building se disputent le ciel …tout ça on le connait, mais le vivre est une expérience irremplaçable.

Cela défile à toute allure et bientôt Arthur, Coline et Lorris ainsi que Serge ( avec son anorak uber-voyageur 🙂 ) regagnent la France, pendant que Yara prend la route du Nord, à toute blinde dans le courant de l’East River.

Cette semaine de folie en vidéo

Bahamas a wild world


Bahamas : Mayaguana

Tant de splendeur et d’émotions tout au long de notre transhumance Bahaméenne, nous transportant de Mayagana, premier des bijoux le plus au sud de l’archipel à Great Abaco la nordique.

Suite à une belle navigation toute voiles dehors depuis la République Dominicaine, nous abordons le bight (lac intérieur) de Mayaguana (prononcez : maywouagwana ).

Mayagana ;où les autorités jouent les filles de l’air !

C’est un immense lagon, long de 5 milles et large de 2, où l’on doit slalomer entre patates de corail et zones herbeuses pour accéder au mouillage. D’un bleu translucide entre 2 à 3 mètres de fond, il faut garder les yeux bien ouverts et faire confiance à sa cartographie pour approcher le village.

Tout se passe bien pour Yara qui partagera ce « modeste » espace avec Elisabeth et Bill la première nuit et les jours suivants.

Dimanche et Lundi de Pâques obligent, il va falloir patienter jusqu’à mardi. En effet, nous sommes là pour effectuer nos formalités d’entrée, comme les amis du Mulon l’on fait quelques jours avant nous…mais voilà… « l’administrator  » est parti et ne sait quand reviendra !

Tant pis une fois remisé le kayak et admiré toutes les nuances gris- bleu du ciel et de la mer sous les ondées tropicales, nous faisons route, accompagnés de nos récents amis, pour le petit îlot de Plana cay, qui comme son nom l’indique est plutôt plat !

Là, stupeur et stupéfaction !

On peut compter les grains de sable et les étoiles de mer par 10 mètres de fond ! L’endroit magnifique et hors du temps est plus que sauvage, inhabité et iréel.

Nous lierons mieux connaissance autour d’un déjeuner avec nos deux Américains, occasion de tester notre anglais et d’échanger le fameux Kéfir, qui décidément ne connaît pas de frontières.

Ce n’est pas tout ça ! nos amis Valou et Jeff arrivent à Acklins dans deux jours…allons repérer les lieux.

Mayaguana en image

 ACKLINS : une belle protégée

Attwood Harbour au Nord de l’île, n’est pas un port mais bien une baie, ourlée d’une plage immaculée en croissant de lune, bordée de palmiers nains. L’abri parfait et paradisiaque où déambulent en toute nonchalance raies géantes et parfois même d’autres espèces, avec lesquelles il va bien falloir se familiariser !

Le paradis cependant est loin de l’aéroport … sinon ce ne serait plus le paradis !

Vite fait, bien fait, Elisabeth, aux premières lueurs du jour, a trouvé la solution « to pick up your friends », dans ce bout du bout du monde.

Fedel et Lewis, pêcheurs et animateurs locaux vont se charger de nous récupérer sur la rive. Rendez-vous est pris le lendemain  08 h et en avant pour l’aérodrome d’Acklins.

Nous découvrons l’intérieur de cette île aux contours surprenants et imaginons, non sans un sourire en coin, notre Val, suivie de sa «  grosse valise néanmoins à roulettes », sur les pistes en-caillassées et en_cagnassées …tentant de rejoindre un voilier qui est peut-être arrivé à destination !

Conjoncture hasardeuse …comme on les aime.

Ils sont là, les copains de toujours ! ni retard, ni décalage…trop facile. Quel bonheur que ces retrouvailles !

Welcome to Paradise !

C’est le début de l’aventure, déjeuner pieds dans l’eau au son du reggae, partie de pêche sur la barque de Fedel et exploration de notre Éden malgré une certaine inquiétude au moment des longueurs de bassin !…

Ce qui ne décourager pas Jeff et Denis d’aller observer, voire davantage, les « copines aux grandes antennes ».

Acklins en video

Deux jours plus tard, il nous faut tout de même songer à le quitter, cet eden. Nous sommes toujours clandestins avec deux passagers supplémentaires à bord !

Avant de rejoindre un port d’entrée on ne résiste pas à un petit crochet par Crooked Island, si près et si tentante …

CROOKED ISLAND : où Jeff négociera le repas du siècle.

Le ciel devient menaçant mais les grains et les orages s’accompagnent de beaux ciels de traine qui vont encore exacerber les couleurs de l’océan pour le seul plaisir de nos quatre paires d’yeux.

 On savoure notre condition de Robinson car il n’y a pas foule à Crooked.

 On ne résiste pas longtemps à l’appel des fonds marins, coquillages et autre faune locale. Un vrai festival…sans l’ombre d’un aileron !

Mais assez vite « les vivres vinrent, vinrent à manquer ».

Une prospection des environs pour avitaillement s’impose.

Au bout de « notre » plage idyllique, dans la petite localité de Pittstown à deux milles du phare de Landfall, nous serons les bienvenus dans la minuscule épicerie où l’on trouve l’essentiel, où l’importance d’échanger est une évidence. Nous serons aussi très bien nourris chez « Gibson », restauratrice renommée de l’île. Elle nous fait un repas digne de notre appétit avec le peu d’argent qu’il nous reste en poche. (la poche de Jeff en l’occurrence, qui pour une modique, très modique somme, nous assure le festin !.)

« A l’ouest d’Éden »se trouvent les bureaux de l’immigration. Allons voir à Long Island s’il est possible de faire quelques formalités..

Crooked en vidéo

LONG ISLAND : où nous furent révélés les arômes du Clos de la Tech

Après une longue journée à affronter la colère des cieux, nous voilà déposant l’ancre dans le grand bleu de la très sereine Calabash bay. En effet, éprouvés par notre lutte contre les éléments déchainés, nous débarquons un tantinet fatigués, pour aussitôt nous retrouver accueillis par Patricia et Peter. Ils n’aurons de cesse de nous questionner sur notre parcours et tout de go de nous enivrer de leur réserve de grands crus (spécialement transporter dans  » leur valise « diplomatique »). Quelle expérience !!

L’immigration semble toujours aussi compliquée à trouver, nous filons donc au petit matin sur Georges Town dans les Exhumas.

Long Island en vidéo

Les Exhumas : tout un univers animalier à ciel ouvert…

On ne parle pas ici des personnels de l’administration, qui eux bien sûr, bien installés derrière leur bureau, sont prêts à vous délester de votre surplus de dollars( 300 en tout et pour tout) et qui n’ont rien à fiche de vos péripéties pour arriver jusqu’à eux !

Tant mieux ! Tout est en règle et l’on peut se balader tranquillement sans » peur du gendarme « , lequel d’ailleurs nous ne verrons jamais. La plupart des Exhumas n’étant que très peu habitées, ceci explique cela.

Par la suite tout ne sera qu’émerveillement, découverte de cette faune extrêmement riche et des sites extraordinairement beaux dans lesquels elle évolue.

Nous parcourons tour à tour une dizaine d’îles, très souvent seuls au monde, allant crescendo, de surprise en enchantement. Aucun trouble à se laisser porter sur des fonds régulièrement en dessous des douze pieds cad 4 m). Yara prend plaisir à glisser tant l’eau est belle et la météo clémente…Nous y connaîtrons nos plus belles bordées de spi !

Les Exhumas en image : 1ère partie

Les Exhumas en image : 2ème partie

Nassau : Nous quittons le Paradis pour un petit purgatoire.

C’est là que l’obtention des visas U.S va prendre des airs de tragédie comique pour certains d’entre nous ( voir article sur le sujet).

Les Bahamas : fin hélas !

En compagnie de nos amis du « Mulon », Anne et Pierre, fraîchement retrouvés, nous allons entamer la remontée des Bahamas qui nous conduira au seuil de la terre Américaine .

Pour en résumer ces quelques jours on peut dire que :

 » Tout n’est pas rose à Rose Island  » où les orages nous ont bien rattrapés.

« Merci le sondeur et la marée  » à Bonds Cay où l’entrée étroite et sinueuse ne laisse aucune place à l’improvisation. Mais quelle sérénité une fois l’obstacle franchi.

Soldier’s : Ile Pacifique uniquement peuplée d’oiseaux et d’une nouvelle « marque  » de requin où Véro téméraire a risqué un petit bain du soir, bien vite écourté toutes palmes en action !!

Et Great Bahama pour finir. Après une belle régate côte à côte avec  » Le Mulon « (100 milles en 14 h ), ultime étape bahaméenne à West of West End, qui nous permet de choisir le meilleur moment pour traverser .

La recherche du Gulf Stream et la découverte de l’Amérique seront nos prochaines émotions.


Passage aux iles vierges britanniques

Ce petit chapelet d’iles est sur notre route vers la République Dominicaine.

En une dizaine de jours nous irons de mouillage en mouillage où nous constaterons les effets dévastateurs du cyclone Irma .

La végétation peine à repartir , les fonds ont été bien malmenés et les habitations sont presque toutes en reconstruction.

Peu de contact ici car il y a surtout du charter. Mais une navigation simple et très agréable avec peu de distance à parcourir entre chaque île par mer calme, accompagnés par nos compagnons de route préférés : dolphinus coeruléoalba…et tortues qui pointent le bout de leur nez toujours et partout.Aussi une rencontre inopinée avec un requin dormeur qui n’était pas un bébé aux dires de Denis et qui lui fera battre des records de vitesse en sus de palpitations inhabituelles chez ce nageur expérimenté !

Cependant nous ferons la rencontre bien sympathique de « la grande lulu » à Jost Van Dick notre coup de coeur ainsi que les étonnantes les « bathes » de Virgin Gorda.


les iles vierges en vidéo

Fuerteventura la terre rouge

Vous l’avez bien l’image du buisson épineux roulant sous l’assaut du vent au milieu de la plaine désertique?

Ce pourrait être un western spaghetti ou Fuerteventura.

Les mirettes toujours écarquillées nous découvrons des plages à perte de vue d’un sable blond à faire pâlir toutes les Marylin(s) ou noir selon les désirs du volcan le plus proche.

La terre rouge érodée de cette vielle dame qu’est  Fuerte, se plisse et se hisse au-dessus de l’océan pour créer des couloirs propices à l’accélération  du vent, d’où son nom! En bref ça décoiffe!

Ce qui fait la joie de nos surfeurs, en effet sur Yara un nouvel équipage a embarqué. Débordant d’une énergie contagieuse et de rires communicatifs. Lorris, Omran et Nico sont dans les starting-block pour tester à toute heure les meilleurs spots.

Délaissant les grands sites touristiques, nous voilà sillonnant l’île par toutes ses pistes ensablées et sous un soleil ardent.

Quel réconfort ces petits oasis isolés au fond des vallées, cernés de leurs verts palmiers.

Ce furent des moments délicieux partagés avec notre Lorris en soif de vacances que nous retrouvons enfin et ses copains d’enfance que nous redécouvrons en mode « Brice de Nice »( les cheveux  moins colorés mais tout aussi long pour Omran avec une tenue un rien plus classe pour Nico ).

Leur départ nous laissera tout penaud …

Mais le ponton de Gran Tarrajal (roulez bien les RRR) se francise .

Nous sommes désormais quatre bateaux amis , réunis dans un mouchoir de poche. A l’équipage de Sea You aperçu à Porto Santo avec Fabienne et Dominique (Fab et Bab pour les intimes) se joignent Anne et Pierre rencontrés à Funchal sur leur grand soleil  suivis de près par Anne et Hervé dont nous fêterons honorablement le 50 e anniversaire.

 

Mais quel est ce cadeau d’anniversaire?
réponse : Le dé sale

Nous mettrons l’étrave de Yara à l’ouest vers Gran Canaria au premier signe de faiblesse du supra ventilateur.

 

Lanzarote de lave et de feu

Pour décrire cette île qui nous a enchantée, une fois n’est pas coutume si nous le faisions en chanson !. clin d’Œil spécial à nos amis Odile et Jean Marc qui nous ont quittés « yesterday »et avec qui nous avions mis au point un petit jeu musical fort réjouissant …

Pour cela, sur la très célèbre musique des » eaux de Mars » magnifiquement interprétée par Georges Moustaki , nous vous proposons notre vision de Lanzarote .

Vous l’avez bien dans l’oreille ? c’est parti !

 » Une plage, un récif, un rouleau qui déferle.
C’est un brin le désert, Le monde à l’origine.
C’est un morceau de lave ,c’est le feu, la poussière,
C’est un volcan qui dort, c’est l’enfer entrouvert.

Une fleur dans le sable, les cactus patients                    ,
C’est la vigne qui surgit, c’est le vin Rubicon,
C’est le lézard qui fuit, c’est la terre qui fond,
Le mystère profond, la promesse de pluie .            

C’est le souffle du vent au sommet des volcans,
C’est une maison blanche, une place et le temps,
C’est un puffin qui crie, le ciel qui s’éclaircit.
Des couleurs d’allégresse, c’est l’île de Lanzarote

C’est Manrique qui sculpte,  harmonieux et agile.
C’est le fer qui se tord,  c’est la main qui dessine,
C’est le bord de la terre, la falaise qui se dresse.
C’est un brin le désert, le monde à l’origine.

C’est un dauphin en l’air, une baleine qui passe,
Les rochers qu’on aligne,  un abri en eaux claires.
Un palmier, une ombre, c’est la chaleur qui vient,
C’est une vision fragile, qui résume le tout.

Une plage ,une grève, c’est un peu l’éphémère,
C’est tout ce dont on rêve, c’est ce qui nous advient .
C’est de l’or, c’est un soir le bout du quai.
Un rhum citronné, un seul jour finissant .

C’est la couleur de l’eau, un lac ensommeillé, des salines dressées.
C’est du vent,
C’est du vent

Une empreinte, Un souffle, Un cachalot qui sonde,
C’est un voilier qui file ,c ‘est la mer démontée.
C’est la saison volage et ses nuées fugaces.
C’est l’île Lanzarote , une promesse de pluie.

Un creux, un cep, c’est le vin c’est la vigne,
Un scorpion qui lambine, une peur sur le front.
Une plage , un récif, un rouleau qui déferle,
C’est un brin le désert , le monde à l’origine

C’est le diable qui passe, le début d’une     histoire,
C’est les gens qui la font,
C’est la terre Lanzarote,  la promesse de       pluie.

Le monde à l’origine,

C’est l’île de Lanzarote , dans nos cœurs pour de bon. « 

paroles de Véro

Échauffement :

Sans consentement (enregistrement sous le paréo)

 

De Madère aux Cannaries

Ce mercredi 1er août avec beaucoup de regret nous laissons Funchal dans notre sillage, adieu Madère, tu n’es que végétal, adieu Raphaël quel bel accueil tu nous as réservé : cap sur les Canaries avec une première escale aux îles Desertas pour observer les phoques moines.

Changement de décor, mouillage agité sur bouée au pied d’immenses falaises rocheuses accores sans pouvoir débarquer. les phoques restent très discrets cachés dans leur grotte. Par une nuit ventée noire  et lugubre nous tentons de trouver le sommeil.

Une deuxième escale nous attend à 24h de navigation : l’île Selvagem Grande.

Un départ aux aurores sous 2 ris, génois tangonné nous filons à plus de 8 noeuds sur une mer formée

Autre décor: un mouillage aussi sauvage que son nom le dit où des milliers de puffins et pétrels s’en donnent à cœur joie pour nous assourdir de leur cri hitchoquien. Grâce à une balade dans l’île, habitée par 2 gardiens et 3 scientifiques, nous découvrons leur habitat naturel qui nul intervention humain n’est venu défigurer.

Après ces 2 brèves escales réservées pour des ornithologues que nous ne sommes pas, nous reprenons la mer cap Graciosa la première île des Canaries que nous atteignons 23 heures plus tard à une moyenne de 7 noeuds.

Graciosa, une île plate sablonneuse avec 4 cônes volcaniques, sans route et très peu habitée: une île de rêve, nous profitons de la baie Francesa à quelques kilomètres de piste du village: un décor digne du sud marocain.

   

Lorris après plus de 24 heures de voyage nous fait la surprise de son arrivée nuit tombée sur la plage.

De Porto Santo à Madère

Quittant à regret Porto Santo (21/07/2018), voilà une petite navigation de 30 milles qui nous permet de saluer le cachalot dessiné quelques jours plus tôt  sur les murs du port de Porto Santo.

Alors qu’une partie de l’équipage est moyen moyen (houle croisée avec un vent arrière), Denis joue du spi sur la plage avant de Yara  pour finalement abandonner l’envoi de ce dernier pour cause de chaussette récalcitrante : bref ça merde. Le bon génois tangonné  fera l’affaire.
Arrivée 6 heures plus tard dans la baie d’Abra (EST de Madère) derrière le cap San Lorenzo.

« nous sommes là sur notre voilier, en simples témoins tardifs de ce cataclysme qui à façonné les roches, lui laissant mille formes différentes, et autant de nuances. L’ocre, le brun, le noir. Le soleil couchant donne à ce paysage des temps originels une apparence rare, magnifique, exceptionnelle. » (Olivier Mesnier ds Voyage autour du Monde)
Là nous sommes donc rendus à l’origine du monde.
Pat et Yara goûtent à la solitude du mouillage sur une eau d’un bleu profond, cernés de rocks volcaniques : c’est un festival de couleur  sur azur du même bleu.

              

Changement de décors: Funchal son couvercle de nuages (évaporation –> récupération des gouttelettes de bruine par les feuilles des bruyères et autres myrtilliers –> ruissellement, filtration par les nappes phréatiques et au final redistribution de l’eau, récupérée  dans les fameuses levadas).

Raphael ( dit Jonathan: en effet il nous attend depuis la veille..) nous accueille pour nous chouchouter une place dans le nouveau petit très confortable port de Funchal.

Nous n’aurons de cesse de vérifier sa gentillesse et sa disponibilité tout au long du séjour.

Ici les fleurs sont partout, au fond des gorges comme au bord des routes ,le long des falaises et sur les plateaux comme artistiquement disposées par un génial paysagiste.

Dans un même temps se côtoient hortensias et mimosa, agapanthes et orchidées, pâquerettes et impatiences multicolores..fougères ,eucalyptus chênes et lauriers sauvages, histoire de démentir le bel ordonnancement de nos latitudes.

On en a plein les mirettes et les narines .Quant au plaisir de bouche, on se régale avec les succulents fruits exotiques pour notre Miam quotidien et aussi: puncha au rhum local, bolo do caco ( pain à la patate douce) et sabre des profondeurs.

Nous ferons cinq randonnées toutes plus belles les unes que les autres (histoire de perdre les calories gagnées dans la soirée!), guidés par nos deux équipiers tout terrain, Odile et Jean-Marc, deux amoureux de l’île.

Le dénivelé est au rendez-vous mais le jeu en vaut la chandelle ( même si Denis pense tout haut parfois : « Mais qu’est ce que je fous dans cette galère de terriens !? »)

A Madère hormis la piste d’atterrissage de l’aéroport, rien n’est plat, rien n’est droit.

Nous retrouvons ici la quiétude et la gentillesse des gens  rencontrés en Grèce: une grande douceur de vivre.

Conclusion, vous avez compris, Madère est une île hors du commun dont le paysage et l’histoire se sont modelés au fil du temps et des civilisations.

Demain cap aux îles Desertas qui comme leur nom l’indique sont inhabitées exceptées par quelques phoques moines que nous essaierons d’apercevoir.